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Vous
voilà revenu de votre douloureux calvaire mon
bien aimé poète et je vous sens si
douloureusement fatigué que je me permets de
vous troubler pour délasser un instant votre
pensée. Vous savez la puissance de mon amour et
si je vous dis le mot amour c'est amitié,
tendresse, dévotion ne sont pas l'expression
vraie de ce que j'éprouve pour vous. Tout
enfant, j'ai aimé la Vierge Marie d'un amour
mystique, femme, j'ai aimé et j'aime Maurice
d'un amour infini, et vous je vous aime de ce même
amour; les années qui sont derrière moi, me
donne le droit de vous dire cela. Je vous suis dévouée
entièrement. Il n'est pas un jour qui passe
sans qu'un évènement fortuit n'évoque votre
image. Je sene que je suis appelée à vous
servir après ma mort; oui à vous servir le
souffle avertisseur; oui de ce souffle que
chacun de nous ressent comme une angoisse, un
frisson, un indéfinissable rien qui vous
avertit que là est un danger matériel,
physique ou morale, et cet emploi me sera doux
car l'espoir seul d'être cela quand je ne serai
plus me donne une émotion joyeuse et
reconnaissante. Au revoir ami! À quand?
Dieu seul le sait. Cette catastrophe mondiale
arrête la vie. Vous êtes assez jeune
heureusement pour être sûr de la voir finir,
mais moi! Ce qui sera, viendra, mais combien ne
le verront pas... Je vous serre dans mes
bras sont (sic) deux rayons très pâles d'un être
qui a vécu.
Sarah

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