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La
Diva la plus aimée, fêtée et crainte de ce
siècle était d'abord une petite fille
d'émigrés grecs, laide et peu gracieuse. Maria
Callas électrisait son public et redonna un
sens à cet art vieillissant qu'était devenu
l'opéra. Elle était toute entière à la
musique et incarnait chaque rôle pour en faire
une expérience unique. Elle a été formée à
Athène par Elvira Hidalgo, commença sa
carrière en Italie en 1948 et épousa en 1949
l'avocat de Véronne Battista Meneghini qui
devint son manager. Bientôt la Callas connut
ses premiers succès à la Scala de Milan. Elle
redonnait vie aux difficiles airs ornementés
des opéras de Donizetti "Anna Bolena"
ou "Lucia di Lammermoor" sous la
conduite d'Herbeert von Karajan, de Leonard
Bernstein, d'Erich Kleiber ou encore de ces deux
chefs qu'elle appréciait tout particulièrement
Tulio Serafin et Carlo Maria Giulini. C'est
aLucino Visconti qui lui permis d'exprimer
pleinement ses talents d'interprète et ses
représentations de "La Vestale" de
Spontini ou de "La Sonnambula" de
Bellini sont inoubliables. Mais la Callas savait
aussi chanter les brillants airs de colorateur
de Rossini sous la direction de Franco Zefirelli.
C'était alors la période où elle maîtrisait
parfaitement une voix qui couvrait trois octaves
et où elle pouvait chanter sans effort des
contre-ut ou contre-ré. Quand la poétesse
Ingeborg Bachmann l'entendit chanter la Reine de
la nuit elle qualifia sa voix d'exceptionnelle,
dépassement tout ce qu'on pouvait imaginer. Les
heures de gloires amenait dans leur sillage leur
lot de scandales, réels ou inventés. Maria
Callas se donna comme modèle Audrey Hepburn et
devint une beauté mince. Elle se mit à
fréquenter les fêtes et les salons de mode,
devint l'amie de la commère américaine Elsa
Maxwell et traversait la Méditerranée à bord
du Christina avec la Jet Set. Ce yacht
appartenait à Aristote Onassis, la cantatrice
grecque tomba amoureuse du richissime grec qui
ne pensait pourtant en aucun cas au mariage. Sa
santé en pâtit et la presse se fit l'écho des
faiblesse de sa voix.
L'indignation
atteignit son comble quand en 1958, à Rome,
elle interrompit une représentation de la
"Norma", se fâcha avec l'intendant du
Met Rudolf Bing et se battit avec sa concurrente
Reneta Tebaldi par titre de journaux
interposés. En 1965 Maria Callas quitta la
scène avec la "Tosca" chantée à
Covent Garden à Londres. Elle ne donnera plus
que des concerts et enseignera à la Juilliard
School à New York et tournera en 1969 avec Pier
Paolo Pasoline le film "Medée".
Maria
Callas était marginale et une perfectionniste.
Sa meilleure époque fut celle de la Scala, en
ce temps où on prenait encore le temps pour
l'art. Elle incarnait chacun de ses rôles avec
tout son coeur et ne respectait aucune norme.
Elle trouva un partenaire professionnel qui
partageait ses vues artistiques en la personne
de Walter Legge, le mari de la cantatrice
Elisabeth Schwarzkopf. Lui aussi préférait
l'authenticité d'une interprétation à la
virtuosité et c'est ainsi que virent le jour de
nombreux et magnifiques enregistrements,
témoins du timbre particulier de la Callas, de
sa richesse et de son exceptionnelle technique
vocale. Et même si un chanteur comme George
London a souvent démenti ce fait, la presse a
voulu faire de la diva une capricieuse. C'est
seulement après sa mort que la
"Tigresse" est devenue une sainte à
qui l'on compare aujourd'hui encore toutes les
grandes chanteuses.

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