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Un an déjà que tu es mort mon ami, où tu es, est-c-qui fait chaud? Toi qu'y'aimais tant la chaleur, y fait froid chez nous, le poêl'est mort. Où-est-c'qui l'é not'chauffeur de fournais'? Y vend not'bois dehors. Où tu es est-c-qui fait clair? As-tu d'la lumièr' à ton goût? Y fait noir chez-nous. Les plus haut'bâtiss' celle qui sont pas habitées, sont allumées jour et nuit. Le rest'est dans la noirceur comm'dans ton temps. Bois-tu enfin du vin comm'tu veux où tu est mon ami? Peux-tu tranquill'ment par les soirs vider ta bouteill'en r'gardant la terr'? Nous autres on boit du thé...Ah! Si z'aimait le vin les anglais, on en boirait aussi, mais y z'en importe pas. Çà fait qu'on l'pay'le gros prix. Où tu es mon ami est-c'que tu lis? Sans être dérangé par les scandal' les grèv,
les cris, les coups. Des grands livr' propr' comm'des auror' de Juin. Ici à la T.V. y a des élans, des plongés par en haut, mais tout'suit' submergés de bièr' et d'savon.
Rien d'changé c'est lent c'est long. Nos âm'ont d'la misère. c'est plein d'chef partout qui s'occup'pas d'nous. Pas heureux. On attends, on espère. Çà viendra mais tu l'disais itou, on existe on a peur, c'est pas un bon moment. Bon! Assez d'chiaulag'. On va s'grouiller l'poil des jambes, arrêter de se fier à tout l'monde. On va s'cracher dans les mains comm't'fait tout'ta vie. Au fond la vie, cé p't'êtr' ça. Se cracher dans les mains.

 
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